Thérapie comportementale ou psychanalyse ?

Pourquoi la thérapie comportementale et la psychanalyse s'affrontent-elles ?

Depuis Freud - père de la psychanalyse - de nombreuses autres techniques ont été pensées et développées, toujours, bien entendu, dans le but d’apporter de l’aide et un soulagement au patient.

La thérapie comportementale et cognitive fait partie de ces nouvelles méthodes qui ont révolutionné le monde de la psychanalyse.

Entre Freud et « ses disciples » et les défenseurs des thérapies comportementales, il existe un très large fossé où s’affrontent des idées, des pensées et des méthodes différentes.

Jacques Van Rillaer - Professeur de psychologie à l’Université de Louvain - a rédigé une étude très intéressante intitulée « Faits et légendes des thérapies comportementales et cognitives ».

Cette étude décrypte, de façon objective, les motifs des détracteurs qui critiquent la pratique des thérapies comportementales et cognitives, appelées dans le jargon professionnel les TCC.

Qu’est-ce que les TCC ?

En général et dans le sens commun, le comportement est une action visible et observable. Mais dans le domaine des TTC, la notion de « comportement » est prise dans un sens plus large et associe 3 dimensions :

    1. L’aspect cognitif : perception, souvenir, réflexion…
    2. L’aspect affectif : plaisir, souffrance…
    3. Une composante motrice : expression corporelle, action…

Voici un exemple concret pour mieux comprendre.

Quand vous lisez cet article, vous avez certainement un comportement qui regroupe ces 3 éléments : cognition (pensées et images mentales), affectif (curiosité, intérêt) et enfin le corporel (bouger les yeux pour lire, pencher la tête…).

La thérapie comportementale traite aujourd’hui des problèmes très variés tels que phobies (peur de l’eau, des araignées…), des troubles psychiques, l’agoraphobie, les TOC (trouble obsessionnel compulsif), l’état dépressif, l'addiction (alcool, tabac…), les crises de panique, la boulimie ou anorexie...

TCC, une science qui se construit pierre après pierre.

Les praticiens des TCC ont une approche scientifique, d'ailleurs les TCC pourraient aussi s’appeler « (psycho)thérapies d’orientation scientifique ».

La science du comportement est née au 19e siècle et voici quelques grands noms qui l'ont illustrée : Henri Pieron, John Watson, Edward Tolman ou encore plus récemment Burrhus Frederik Skinner ont développé le comportementalisme, appelé behaviorisme.

Contrairement à la psychanalyse, la pratique des TCC n'est pas figée et elle ne cesse d’évoluer. Chaque chercheur expérimente et met une pierre à cette construction toujours inachevée, et c’est justement ce qui fait de cette thérapie une technique intéressante car elle est évolutive.

Il n'existe pas de solution toute faite ! Concrètement, les thérapeutes s’adaptent aux problèmes de chaque patient en tenant compte de la situation personnelle vécue.

Le dialogue est très important et c’est uniquement au patient de choisir son objectif, car l’éthique a une place prépondérante dans le traitement.

Si la personne est manipulée, ou non-consentante, on parle alors de manipulation et non de thérapie. Sur les conseils de son thérapeute, le patient est libre d'effectuer des actions au quotidien pour se libérer de ses peurs.

Ce traitement améliore non seulement la vie de tous les jours, mais permet également d’augmenter l’espérance de vie.

Il y a 3 000 ans déjà...

Dans l’Odyssée, Homère décrivait déjà 3 procédures comportementales que Circé a lui-même conseillées à Ulysse pour résister à une tentation mortelle : le chant ensorcelant des sirènes.
Les sirènes envoûtent les navigateurs, les attirent et l’issue est fatale, car l'histoire se termine par un naufrage, donc la mort.

La solution de Circé, qui peut être considérée par certains comme l’ancêtre des comportementalistes, n’est pas une solution-miracle. Sa stratégie pour résister aux sirènes, donc au mal, se fonde sur 3 points :

  1. Se boucher les oreilles pour contrôler les stimuli tentateurs
  2. S’attacher au mât, un auto-empêchement pour résister à une action impulsive
  3. Donner l’ordre de ne pas être libéré durant la traversée (procédure d’alerte)

Résumé de cette stratégie : une gestion concrète des impulsions.

 

Alors thérapie comportementale ou psychanalyse ?

La révolution behavioriste consiste à prendre en compte les situations et les stimuli qui provoquent les actions et non le désir et les pulsions comme le prône l’école freudienne.

D’ailleurs, on peut remarquer qu’il n’existe pas une école « Skinnerienne » ou « Pierronnienne », mais en revanche, on parle de Freudiens, de Lacaniens et de Jungiens.

Elisabeth Roudinesco est une contemporaine fervente adepte de Freud et une opposante acharnée aux comportementalistes.
Elle prétend que les TCC ne produisent que des résultats superficiels, qui peuvent même s’avérer dangereux, car cette thérapie peut engendrer d’autres symptômes encore pires.

C’est évidemment faux, car le comportementaliste suit une méthode douce et évolutive et ne met pas le patient dans une situation insupportable.

Il ne lui demande pas, par exemple, de mettre la main dans un bocal rempli de mygales si le patient souffre d'une phobie des araignées.

Mais la critique la plus fréquente chez les lacaniens est la normalisation et le rejet de l’inconscient. Alors que, comme on l'a vu plus haut, le comportementaliste dialogue avec son patient et lui laisse la liberté de choisir ses objectifs.

Le patient n’est donc pas conditionné comme le pensent certains farouches détracteurs.

En conclusion !

Après seulement une cinquantaine d’années de pratique des thérapies comportementales et cognitives, et contrairement à la psychanalyse, il s’est avéré qu’il n’est pas nécessaire de faire remonter les problèmes anciens et de ruminer le passé, car cela peut aggraver les troubles au lieu de les soulager.

Les TCC sont au service du bien-être de la personne avec des traitements accessibles, tant au niveau financier qu’au niveau pratique.

Les séances de thérapie peuvent être dispensées à distance, via Skype ou tout autre moyen de communication, selon le problème à traiter.

Les TCC sont une bonne alternative et apportent des solutions parfois rapides. Cela évite de suivre des thérapies longues, fastidieuses et de prendre des médicaments.

Source : Etude sur « Faits et légendes des thérapies comportementales et cognitives » par Jacques Van Rillaer - Professeur de psychologie à l’Université de Louvain-la-Neuve

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