juin 16

5 idées reçues sur la crise de panique ou d’angoisse !

1 L’angoisse, cela concerne les personnes faibles, sans volonté et c’est un trouble imaginaire !

Vous avez peut-être entendu ces propos de la part de votre entourage et peut-être les avez-vous aussi.

Et bien sachez que plus d’une personne sur quatre fera au moins une crise de panique dans sa vie. Ce qui représente beaucoup de personnes faibles, n’est-ce pas ?

Non vous n’êtes pas faible ! Votre organisme et votre cerveau sont faits de telle manière qu’ils vous aident à réagir aux événements qui arrivent et vous avez un mécanisme d’alarme pour y répondre.

Ainsi lorsque vous avez une attaque de panique, c’est que votre cerveau a déclenché une alarme pour vous alerter d’un danger.

cerveau et crise de panique ou angoisse

Certes cette alarme est beaucoup trop forte, car lorsque vous êtes dans un supermarché un samedi après-midi, il n’y a généralement aucun danger, pas plus que dans le métro aux heures de pointe, ni dans l’ascenseur.

Vous voyez bien que cela n’a rien à voir avec de la faiblesse, c’est un mécanisme naturel, qui comme j’aime à le dire est un dysfonctionnement temporaire.

Autrement dit, vous avez le pouvoir de le faire fonctionner de façon plus normale en apprenant les bonnes techniques.

La question d’être quelqu’un de fort ou de faible ne va pas régler le problème.

Aujourd’hui grâce aux découvertes scientifiques et à l’imagerie médicale comme l’IRM et le scanner, on voit bien que les crises de panique ne sont pas imaginaires, mais bien réelles. Non vous ne le faites pas exprès comme on a pu vous le dire.

Les phrases, comme “c’est dans ta tête, n’y pense pas” ne peuvent rien y remédier.

Du fait que vous êtes stigmatisé(e), critiqué(e) par les autres, vous ressentez de la honte et vous avez beaucoup de mal à reconnaître que vous éprouvez des symptômes.

Vous cachez cette situation à votre entourage et malheureusement plus vous  la dissimulez, plus vous faites semblant d’aller bien (ce que je comprends) moins vous allez vous soigner.

Alors je vous le redis, non vous n’êtes pas faible et non ce n’est pas sorti de votre imagination.

2 Je vais avoir des crises d’angoisse toute ma vie !

On me pose souvent cette question dans les commentaires, dans les appels de mes clients.

C’est une grande source d’anxiété, l’idée que vous ne pouvez pas vous débarrasser des crises. C’est parfois renforcé par le fait que vous avez essayé des tas de choses sans succès, c’est peut-être votre cas?

Effectivement, si ce trouble n’est pas pris en charge, son évolution est moins bonne et le risque d’installation est plus grand.

Mais grâce à la thérapie comportementale que je pratique et qui est validée scientifiquement, vous avez la possibilité de très bien vous en sortir.

De plus, il est possible de faire une attaque de panique et de ne plus jamais en avoir après pour le reste de votre vie.

Vous devez commencer à prendre ce problème au sérieux seulement si vous en faites régulièrement et sur plusieurs mois, et que cela évolue sur un trouble panique.

3 Est-ce que je vais avoir une maladie grave ?

Les crises d’angoisse vont augmenter votre anxiété, c’est-à-dire la capacité qu’a votre cerveau à imaginer le pire du pire.

Vous êtes nombreux à me poser cette question “ mais est-ce que je vais devenir fou ou folle ou me faire interner ? “ J’ai fait une vidéo sur le sujet que vous pourrez voir dans ce lien.

Certaines personnes moins nombreuses ont peur d’être bipolaires.

Je tiens à vous rassurer, ces deux pathologies graves n’ont rien à voir avec les crises d’angoisse. 

La différence réside dans le fait que les crises d’angoisse se soignent facilement et souvent sans traitement, contrairement à la schizophrénie et la bipolarité qui ne se soignent pas et nécessitent des traitements lourds.

Par contre, un trouble panique, qui est une succession de crises d’angoisse, non prise en charge peut mener à la dépression et à l’utilisation d’alcool, de drogue ou d’automédication. Mais rassurez-vous si vous décidez de vous soigner, rien de tout cela n’arrivera.

Auto médication crise d'angoisse ou de panique

4 Est-ce que je peux mourir d’une crise d’angoisse.

Là encore j’ai fait une vidéo sur le sujet que vous pouvez regarder en allant sur ce lien.

Malgré les apparences, le cœur qui bat vite, la tête qui tourne, des nausées, une oppression thoracique et bien d’autres signes encore, je vous dis “ non vous n’allez pas mourir d’une crise cardiaque, d’un AVC, d’étouffement.”

C’est juste votre cerveau qui vous dit cela, mais ne l’écoutez pas, il vous ment.

Ce que vous ressentez, je vous le redis, c’est un mécanisme d’alarme, certes déréglé, mais naturel.

Vous ne risquez rien d’autre qu’avoir très peur et je vous comprends, c’est difficile à vivre et à vous défaire de l’idée que vous allez mourir.

Mais croyez-moi, à force de vous répéter que vous n’allez pas mourir, vous vous rassurez vous-même et commencez à aller un peu mieux.

Testez et dites-moi dans les commentaires si cela fonctionne.

Enfin la dernière idée reçue sur les crises de panique :

5 A cause de mes crises d’angoisse, je dois beaucoup moins sortir. 

Non c’est la pire des choses à faire. Plus vous évitez certaines situations, comme aller faire des courses, prendre votre voiture, prendre le métro, aller chez des amis, plus le problème s’aggrave.

Vous tombez dans la spirale de l’angoisse et votre périmètre de sortie se restreint. Certaines personnes, c’est rare, mais cela existe, ne sortent quasiment plus de chez elles, ou seulement accompagnées d’un proche.

idées reçues et agoraphobie

Le cerveau peut associer, à tort, une crise d’angoisse que vous avez eue à un lieu ou à une situation. Vous avez donc peur de refaire une crise chaque fois que vous allez dans ce lieu ou que vous vous trouvez dans cette situation. Vous avez peur de la peur, alors vous les évitez.

Mais en réalité, les crises de panique ne sont pas forcément toujours associées à un lieu précis ou une situation précise. Les crises d’angoisse sont inattendues, imprévisibles, sans lien parfois avec votre environnement.

Vous risquez de vous restreindre sur le plan social, familial et professionnel.

Vous entrez dans un cercle vicieux. Lorsque vous êtes dans une situation que vous estimez dangereuse, votre hypervigilance augmente et dès que surviennent quelques symptômes anxieux, c’est donc  interprété comme un début de crise. Les symptômes s’amplifient et deviennent une attaque de panique.

Et vous vous convainquez que la situation est très dangereuse.

Un exemple : vous prenez le métro que vous estimez dangereux puisque vous avez déjà fait une crise le mois précédent. Vous scrutez donc votre corps pour déceler le moindre symptôme physique, car vous avez peur de la peur d’avoir une autre crise.

Plus vous vous focalisez sur votre corps et plus vous avez ces pensées négatives “c’est dangereux, c’est sûr je vais refaire une crise”, plus vous allez découvrir des symptômes comme votre cœur qui bat un peu plus vite ou bien encore un peu d’essoufflement.

Rien de grave en fait, mais votre cerveau ne le vit pas de la même manière. Il pense que c’est le début de la fin, que c’est très grave. Les symptômes s’amplifient, votre cœur bat de plus en plus vite, votre souffle devient de plus en plus court, vous commencez à ressentir une oppression dans la poitrine. Et c’est parti pour une crise de panique…

À bientôt pour d’autres conseils.

Emmanuel


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