Comment calmer une crise de colère de votre enfant ?

Découvrez dans cet article comment calmer votre enfant et gérer ses crises de colère !

  • Vous avez un enfant colérique ?
  • Un enfant qui fait des crises de colère ?
  • Un enfant qui fait des caprices et qui se roule parterre ?
  • Vous voulez savoir comment calmer votre enfant ?

 

 

 

Alors, cette vidéo sous forme de questions/réponses est faite pour vous. Emmanuel Boudier, psychothérapeute TCC, va vous montrer comment calmer votre enfant, maîtriser ses crises et ses caprices et comment gérer sa colère. Vous vous posez des questions :

  • D'où vient la colère de l'enfant ?
  • Comment calmer votre enfant ?
  • Quelles sont les techniques ?
  • Ce qu'il ne faut surtout pas faire ?

Alors voici les réponses ci-dessous... et si vous avez d'autres questions n'hésitez pas à nous laisser vos commentaires ou à me contacter directement..

Est-ce que la colère et l'opposition arrivent à tous les enfants ?

Réponse : Cela arrive effectivement à tous les enfants depuis le temps des cavernes ! Je pense que l'enfant s'oppose et c'est un processus tout à fait naturel, on va le voir plus tard. La colère de l'enfant est surtout un moyen d'expression pour faire réagir son entourage.

C'est à la fois l'expression :
1- d'une frustration externe si l'enfant ne peut pas atteindre son but, si on l'empêche de faire quelque chose : attraper un objet dangereux par exemple ou traverser la route, ou si la raison de l'empêchement vient d'un problème de santé, d'un état grippal ou d'une douleur. Donc l'enfant est frustré

2- d'une frustration interne si l'enfant désire faire quelque chose, mais qu'il n'y arrive pas : il désire attraper sa tétine, mais il n'y arrive pas parce qu'il n'a pas l'habilité, il se sent impuissant s'il n'arrive pas à assembler 2 Légo

Alors, cela ne va peut-être pas vous rassurer ou vous étonner, mais la colère chez le jeune enfant est tout à fait normale et naturelle... C'est l'évolution vers l'autonomie qui est un moyen d'expression.

Vers 15 mois, l'enfant découvre les premiers interdits parentaux et c'est à ce moment que cela se gâte : il est tiraillé entre l'envie de braver l'interdit et la peur de le braver. Cela provoque donc une émotion intense et brutale qui se traduit par une colère et vu que son cerveau n'est pas assez mature la zone de contrôle des émotions ne fonctionne pas encore bien.

Cela provoque donc parfois des manifestations qui sont impressionnantes et qui peuvent se prolonger une demi-heure, voire plus longtemps, avec des hurlements, des coups, des ruades...

Vers 2 ans, l'enfant identifie mal encore ses émotions et ne parvient pas encore à les exprimer en mots, donc sa frustration va éclater en colère : c'est la phase du NON qu'on connaît tous et que vous vous connaissez bien avec vos enfants ou petits-enfants.

Si mon enfant de 2 ans dit systématiquement NON quand on lui demande de faire quelque chose, que faire ?

Réponse : C'est une phase tout à fait normale, il ne faut pas la réprimer à tout prix. L'enfant commence à construire sa personnalité.

Vers 3 ans, l'enfant parle beaucoup mieux et là cette colère va être un moyen de faire pression sur ses parents ou de capter leur attention, mais c'est toujours un moyen d'exprimer ses émotions dont il n'a pas encore tout à fait conscience

Donc, jusque-là tout est normal et il ne faut pas réagir de façon agressive et pour cela, je vais vous enseigner des techniques pour réagir de manière douce, non-violente et en valorisant l'enfant

L'enfant à cet âge est-il facile à canaliser ?

Réponse : Normalement c'est facile de calmer un enfant, mais parfois un enfant coléreux pose un très gros problème pour certains parents.

Et comment maîtriser la colère d'un enfant vers 5/6 et après ?

Réponse : A 5/6 ans, si l'enfant se met en colère, il le sait et sa zone dans le contrôle de cerveau est tout à fait mature.

Vers 13 ans, on rentre dans la 2e phase d'opposition qui est l'adolescence, et là, c'est vraiment un moyen pour lui de construire sa personnalité et de devenir l'adulte de demain

Quelle technique proposez-vous aux parents pour gérer la colère des enfants de 3 ans à 12 ans, avant l'adolescence ?

Réponse : La première technique est la mise à l'écart que l'on va appeler ici la « mise hors-jeu », qui s'applique pour un enfant de 3 à 12 ans.

Par exemple :
L'enfant va vous demander un bonbon, vous refusez. Dans un premier temps, il crie, vous refusez toujours - Il pleure vous refusez encore - Il se met en colère, il se roule parterre et là par lassitude ou parce que vous avez eu une journée de travail fatigante, vous allez céder et lui donner le bonbon.

Conclusion : l'enfant apprend à ce moment que plus il se met en colère, plus il obtient ce qu'il veut

Comment maîtriser et calmer la colère de l'enfant ?

Réponse : Le but de la technique « time out » en anglais ou de la mise hors-jeu est un peu comme un carton rouge sur un terrain de foot : on va mettre le joueur qui a fait une colère à l'écart.

Si la moutarde nous monte trop au nez, on met donc l'enfant en dehors de la pièce ou alors dans un coin de la pièce.

Attention : Il faut proscrire, et là, j'insiste, la cave ou le placard à balais ou tout ce qui peut être angoissant.

Je vous dis cela, car j'ai entendu parler des parents qui mettaient leur enfant dans le sous-sol dans le noir, sans lumière, et là, on est dans le traumatisant, mais je peux comprendre les parents qui n'en peuvent plus et qui sont vraiment excédés.

On peut mettre aussi l'enfant dans un endroit ennuyeux, le couloir par exemple, qui est un endroit connu, mais ennuyeux.

Si l'enfant ne reste pas dans le couloir ?

Réponse : Dans ce cas, on va peut-être le mettre dans le coin et on va le maintenir fermement en prenant soin de ne pas crier dessus, de ne pas le critiquer, de ne pas lui parler parce que quand l'enfant est en colère, il est inaccessible à tout dialogue.

Il ne faut pas lui dire « arrête tes caprices », cela ne sert à rien, car il n'a pas de bouton stop dans le cerveau pour arrêter la colère, on ne peut pas lui enlever les piles !

Il ne faut pas non plus prêter attention à la colère de l'enfant. Dans un premier temps, l'enfant va amplifier sa colère pour attirer l'attention et c'est là qu'il faut être vigilant et résister à sa propre culpabilité. On voit son enfant qui pleure donc c'est très dur, et si on ne résiste pas et si on cède à l'enfant alors on va reporter le problème à plus tard et non le régler.

Peut-on aggraver le problème si on cède à l'enfant ?

Réponse : Non pas l'aggraver, mais le reporter, car la prochaine fois l'enfant va forcément recommencer puisqu'il sait qu'on va lui céder.

En effet, il a testé, il a vu qu'on lui cédait donc il a tout intérêt à recommencer !

Comment faire pour éviter d'en arriver là ?

Réponse : Alors, pour éviter d'en arriver là, cette technique de relaxation pour enfant est justement très utile, mais il va falloir s'armer de patience parce que la colère va être répétée à plusieurs reprises, jusqu'à ¾ d'heure, avant que cette colère s'éteigne durablement.

Comme on va le voir plus tard, il faut mettre des limites.

J'enseigne des techniques antistress et il est important que les parents soient au clair avec leur propre colère, surtout après une dure journée de travail. Les techniques de relaxation que j'enseigne permettent d'être beaucoup plus facilement à l'écoute de son enfant qui sera alors moins coléreux, car la colère est transmissible tel un virus.

Plus on est calme, moins l'enfant est coléreux.

Mais les parents, aujourd'hui, ont de moins en moins de temps, alors comment faire ?

Réponse : Tout à fait, les parents ont vraiment de moins en moins de temps.

La technique du tableau points/récompenses que l'on va voir plus tard va être coûteuse en temps, mais c'est pour en gagner par la suite, c'est vraiment important.

Dans un premier temps, c'est vrai que les parents vont avoir du mal à appliquer mes techniques, il va falloir suivre 1, 2 ou 3 séances pour les mettre en place. Ils vont me dire « Mais attendez, c'est quoi ce thérapeute qui veut encore nous faire du travail supplémentaire alors que je suis fatigué le soir ! »

Certes, c'est vrai, mais si on applique cette technique qui est couteuse en temps au départ, elle va faire vraiment gagner beaucoup de temps par la suite. Vous allez pourvoir éteindre les conflits et passer plus de temps avec votre enfant à parler, à jouer, à faire des choses ensemble.

On a vu comment les causes de la colère de l'enfant et comment les gérer. On a abordé la « mise hors-jeu ». Et maintenant, qu'est-ce que la technique du tableau points/récompenses?

Réponse : Le tableau points/récompenses ou tableau d'économie de jetons s'adresse à l'enfant qui refuse d'appliquer régulièrement les consignes et dont la situation entraine une dégradation du climat familial : par exemple, les parents peuvent passer des heures à demander de se brosser les dents, prendre sa douche ou aller au lit.

Comment fonctionne ce tableau ?

Réponse : C'est simple, on met au point un tableau quotidien pour la semaine avec des consignes claires

Si l'enfant arrive à appliquer la consigne, on met un point vert, sinon on met un point rouge. A la fin de la semaine, on comptabilise le nombre de points verts et l'enfant va obtenir une récompense qui n'est pas forcément une récompense matérielle, mais cela peut être une sortie en vélo, un jeu ensemble, une sortie en famille, un film au cinéma, un DVD...

Le tableau points/récompenses est un renforçateur social

C'est quoi, un renforçateur social ?

Réponse : Les renforçateurs sociaux sont les points verts qui vont être accompagnés de gratifications, c'est-à-dire que l'on va remercier l'enfant et on va surtout le valoriser, lui dire « je suis vraiment très content de ce que tu fais ».

On va dans un premier temps ignorer les points rouges et à la fin de la semaine, on voit avec l'enfant pourquoi il a eu tant de points rouges dans une consigne.
Est-ce que la consigne a été claire, car ce n'est pas évident non plus de s'adapter au langage de l'enfant ?
Est-ce qu'on lui en a trop demandé : on lui demande de ranger sa chambre alors qu'il a du mal à ranger déjà ses jouets

On insiste sur la valorisation pour donner confiance à l'enfant et on va essayer de trouver avec lui des stratégies de réussite de la consigne

La valorisation de la personne est très importante et les chefs d'entreprise doivent ou devraient le savoir : plus on valorise quelqu'un plus on va obtenir le meilleur de cette personne, plus on la critique négativement moins on va en obtenir. Cela donne moins envie de donner si on se sent critiquer.

Mais gagne-t-on vraiment du temps au final ?

Réponse : On doit gagner du temps, car si on passe ¾ d'heure pour obtenir que l'enfant se brosse les dents ce n'est pas du temps gagné dans la soirée

Ce que me rapportent mes patients, c'est que les techniques leur font gagner un temps considérable et aussi au niveau des conflits familiaux.

On apprend aussi le goût de l'effort à l'enfant et la frustration qui est malheureusement inévitable. Il est important d'avoir ce goût de l'effort en tant qu'adulte : en effet, je n'ai pas toujours envie de me lever le matin pour aller travailler et je me force, donc c'est ce goût de l'effort que l'on inculque aux enfants, ce que l'on a tendance à trop oublié à l'heure actuelle.

A quel âge peut-on appliquer les techniques de la mise hors-jeu et du tableau de points/récompenses ?

Réponse : La mise hors-jeu s'applique de 3 à 12 ans, après on entre dans l'adolescence et c'est une autre problématique et d'autres techniques. A 3 ans, il faut plutôt utiliser des pictogrammes et des dessins, mais l'enfant comprend quand même à cet âge.

Le tableau de points/récompenses est plutôt adapté de 3 à 16 ans

Ces techniques sont-elles applicables par les parents qui sont vraiment épuisés le soir et qui sont ancrés dans une certaine habitude que l'enfant dise NON aux consignes ? Peut-on vraiment inverser la tendance lorsque les habitudes mauvaises ont été prises ?

Réponse : OUI, on va réellement inverser la tendance parce que l'enfant va prendre et apprendre de nouveaux comportements. On va éteindre ce comportement de colère qui lui permettait d'obtenir des choses.

Cette technique va être au départ « chronophage », c'est-à-dire qu'elle va prendre beaucoup de temps, cela va être difficile à mettre en place au début, et puis au bout d'un moment, on va s'apercevoir que cela nous fait gagner du temps.

L'enfant va aussi s'apercevoir que le climat familial s'est assaini, qu'il a de meilleurs rapports avec ses parents ou ses frères et sœurs, que l'on joue plus avec lui.

Tout ce temps perdu peut être employé à jouer ensemble. La situation est alors gagnant/gagnant pour les enfants et les parents.

Faut-il discuter avec l'enfant et à quel âge ?

Réponse : En règle générale, il faut toujours discuter avec l'enfant, prendre en compte ses besoins, mais il y a un principe qui est important, c'est celui du principe de la verticalité. Les parents sont toujours garants des règles, de l'éducation et de la sécurité de l'enfant, on n'est pas copain/copain.

Les parents doivent trouver la voie du milieu entre l'autoritarisme d'autrefois, des méthodes révolues qui fonctionnaient très mal où moi, je me prenais des coups de baguette en fonction du nombre de fautes dans ma dictée, et l'enfant roi tyran maintenant à qui on donne tout.

Il faut donc trouver le juste-milieu si difficile à trouver.

Est-ce que les parents peuvent apprendre à communiquer sans violence ?

Réponse : J’enseigne aussi une technique de communication appelée « non-violente » ou « bienveillante » qui se compose en 4 axes :

Un exemple : je constate que tu sautes sur le canapé avec tes chaussures sales

  1. On fait une description objective à l'enfant de la situation sans jugement critique
  2. On décrit nos sentiments : cela m'agace et me met en colère
  3. On donne une description de nos besoins : j'ai besoin de propreté et d'avoir des meubles en bon état
  4. Et on formule notre demande : Te serait-il possible de descendre du canapé ?

Alors pourquoi dit-on « Te serait-il possible » alors que l'on a très envie que l'enfant se sorte du canapé. C'est parce qu'on laisse le choix à l'enfant et on s'est aperçu que si on laisse le choix, le cerveau va être plus incité à obéir.

C'est donc un petit subterfuge en plus, mais ce n'est pas une baguette magique cela ne va pas forcément marcher, ce qui ne va pas nous dispenser de manu militari faire descendre l'enfant du canapé.

Mais on ne va pas crier, on ne va pas s'énerver, on va dire nos besoins, nos sentiments et l'enfant a beaucoup plus de chance d'écouter, dans la majorité des cas, il écoute, et c'est important.

Pourquoi un enfant va développer un trouble oppositionnel et pourquoi cela dure après 3 ans ?

Réponse : Cela arrive parce que justement, on n'a pas appliqué ce principe de verticalité ou alors on n'a pas bien appliqué mes techniques (je blague !) mais l'enfant a vraiment besoin de limites car cela le rassure.

On peut aussi trouver des troubles de l'opposition dans le cas de troubles mentaux comme dans la dépression, le trouble de l'attention avec hyperactivité, l'autisme, et là, il est important de consulter un spécialiste pour un bilan diagnostic si toutes les techniques que l'on applique ne marchent pas, on est effectivement face à un autre problème.

Pour vraiment que les parents diagnostiquent le trouble de l'opposition avec provocation, il existe un manuel qui s'appelle le DSM-IV, un manuel diagnostic qui recense toutes les pathologies mentales dans le monde et il y a plusieurs signes cliniques que je vais décrire :

L'enfant qui souffre du trouble de l'opposition avec provocation :

  • perd le contrôle de sa colère,
  • s'obstine et argumente avec les adultes,
  • défie les consignes et les règlements,
  • ennuie délibérément les autres,
  • blâme les autres pour ses erreurs et ses comportements,
  • est facilement dérangé par les autres,
  • est souvent irrité et souvent rancunier

L'attitude des parents entre-t-elle en ligne de compte pour un enfant qui développe ces oppositions, est-ce que les parents doivent se remettre en cause ?

Réponse : Tout au long de l'émission, on a vu que l'attitude des parents est primordiale dans la gestion de la colère de l'enfant, mais loin de vouloir culpabiliser les parents, ce n'est vraiment pas mon but, je préfère parler d’interactivité, une collaboration entre 2 personnes qui va amener le changement.

Les parents, effectivement, vont être acteurs du changement, mais l'enfant aussi va être acteur de son changement, avec ce tableau points/récompenses il va changer son comportement pour obtenir des récompenses, mais aussi parce qu'il va voir que le climat familial est beaucoup plus propice, qu'il peut plus jouer avec ses parents ; il y a donc une interaction entre parent et enfant.

L'enfant est une personne, il faut le respecter et ce qui est aussi important, c'est que l'enfant va permettre aussi aux parents de changer.

J'avais une patiente qui est venue me voir, car elle avait un enfant stressé et en colère, et je me suis aperçu qu'elle était elle-même stressée.

On a travaillé sur son stress et sa colère en face-à-face et je lui ai demandé « quand je pouvais voir l'enfant ? ». Et bien, l'enfant n'avait plus de problèmes, il est calme maintenant donc on n'a pas travaillé avec l'enfant.

Si vous avez d'autres questions pour savoir comment calmer la colère de votre enfant, n'hésitez pas à laisser des commentaires sous la vidéo...

1 réponse

  1. Claire
    Bonjour. Mon enfant de 3 ans ne supporte pas la frustration. Il suffi que je lui dise de ne pas prendre ce stylo pour qu'il se mette dans un premier temps dans une grosse colère. Je l'isol donc en lui expliquant le pourquoi et que lorsque il sera calmé il pourra revenir jouer. Sauf qu'à partir de la mon enfant au bout de 20 bonnes minutes arrêts certe de hurler, mais il se met a chouiner non stop et sans larme et cal peut durer plus de 1h. Je vais le voir, le rassure lui demande pourquoi il ne sarrete pas pour retourner joue mais rien n'y fais. Je suis obligée de moi même le ramener et pour qu'il sarrete faut quil focalise son attention sur quelques chose qu'il linteresse comme un jeu ou la TV. Je ne sais pas comment fairr pour lui faire arrêter se chouinements qui nuisent réellement a toute la famille ?Merci d'avance

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