Comment aider votre enfant à développer sa maîtrise de soi ?

Un livre excellent sur  la maîtrise de soi de votre enfant

Je vais vous parler du livre de Didier Pleux : « Développer le self-control de son enfant », chez Odile Jacob (2016).

Didier Pleux est psychologue, il a été éducateur avant et il est auteur de nombreux ouvrages.

Dans ce livre-là, il développe l’idée que l’on peut aider son enfant à améliorer sa maîtrise de soi.

Maîtrise de soi et éducation de l'enfant : de l’autoritarisme à l’enfant roi.

Il oppose deux périodes :

  • Le temps où régnait l’autoritarisme, pendant lequel l’enfant était véritablement gênant pour les parents. On lui donnait peu d’affection et il devait obéir sans discuter.

Didier Pleux nous dit que ce temps est révolu bien sûr, grâce notamment à l’apport de Françoise Dolto, de Maria Montessori et d’autres professionnels de l’enfance.

  • L’autre période, c’est aujourd’hui. Il observe que la tendance actuelle est parfois à l’enfant roi.

Un enfant qui évite, ou à qui on veut éviter à tout prix, la frustration.

Certains à cause de cela, rassurez-vous pas tous, sont en échec scolaire.

Ces enfants ressentent de l’angoisse, de la colère, sont agressifs et tombent dans des addictions de toute sorte (Drogue, alcool, jeux vidéo…)

Quand développer le self-contrôle de l'enfant ?

Le self-control peut se développer dès le plus jeune âge et évidemment en douceur. Il ne s’agit pas de traumatiser son enfant.

Didier Pleux part du constat que l’on ne peut pas répondre tout le temps à tous ses besoins.

Ces propos sont basés sur son expérience et sur les neurosciences.

Ainsi, lorsque l’enfant pleure dans sa chambre alors qu’il a mangé, c’est peut-être un problème de gastro. Il peut aussi être en colère car il subit un inconfort (son pied est coincé dans un barreau du lit). Ou, tout simplement, il réclame un câlin.

Bien sûr, il est bon d’aller voir ce qui se passe dans son lit. Mais une fois qu’on a contrôlé que tout est en ordre, on peut aussi décider ne plus lui répondre.

En effet, le bébé est insatiable de câlins et de présence parentale.

On va ainsi lui apprendre très tôt la maîtrise de soi, ce qui lui servira dans sa vie d’adulte.

Cliquez sur le livre pour en savoir plus sur le self-control !

Apprendre à l’enfant la frustration sans culpabiliser.

Si vous vous culpabilisez parce que vous pensez qu’il vit une souffrance énorme dont il ne se remettra pas, vous allez le voir et le prendre dans vos bras. Vous retarderez l’heure du sommeil. Vous allez véritablement rentrer dans un cercle vicieux.

Dans les faits, votre enfant ne vit pas une souffrance traumatisante à vie mais plutôt une frustration, celle de ne pas pouvoir vous avoir tout de suite. Ne vous inquiétez pas, il va s’en remettre !

Au contraire, il va même apprendre à dormir lorsque vous pensez qu’il est bon qu’il dorme.

Vous allez ainsi être beaucoup plus reposé lendemain et donc plus à même de vous en occuper et de lui consacrer de l’attention.

Dans son livre, Didier Pleux part du principe qu’il est bon d’interdire, de mettre des limites, de fixer des heures de repas et de coucher afin de mettre un cadre à l’enfant.

Bien sûr, il ne s’agit pas de d’être trop rigide. La douceur est, encore une fois, préconisée pour faire appliquer les consignes.

Accompagner l’enfant dans ses apprentissages et la gestion de ses émotions.

Une des idées majeures du livre, c’est d’apprendre à l’enfant, dès qu’il peut parler évidemment, à mettre des mots sur ses ressentis.

L’enfant a tendance naturellement, pour exprimer ses émotions, à utiliser la colère. C’est son seul moyen d’expression au début, en tant que jeune enfant.

En lui montrant qu’on peut mettre des mots sur ses sentiments, il va mieux maîtriser sa colère et moins se laisser envahir par ses émotions.

Une autre idée clef du livre est d’enseigner à votre enfant la patience et la ténacité.

Par exemple, si votre enfant est en train de construire une tour avec des cubes et qu’elle s’écroule tout de suite. Il va être tenté d’abandonner et de vous demander un autre jeu.

Si au lieu de lui redonner un autre jeu immédiatement, vous l’aidez à reconstruire cette tour, vous allez lui apprendre qu’avec de la patience et de la persévérance, les cubes peuvent tenir tout seul.

Vous le menez ainsi à la réussite qui passe par le contrôle de soi. Cette attitude éducative renforce aussi la confiance en soi de l’enfant.

Lorsqu’il monte sur son vélo sans petites roues pour la première fois, il risque de chuter à plusieurs reprises. Mais s’il se montre patient et persévérant, il va réussir à rouler normalement sans petites roues.

Il va comprendre que lorsque l’on est persévérant et patient, l’on peut réussir, et même accomplir des exploits. (Rappelez-vous, ce n’est vraiment pas facile de monter sur un vélo sans petites roues, lorsque c’est la première fois.)

Cultiver l’intelligence émotionnelle de son enfant.

Une autre idée fondamentale du livre c’est l’apprentissage, très tôt, du partage et de l’empathie.

Il est bon de lui dire qu’il ne doit pas à tout prix garder ses jeux pour lui tout seul pour ne pas développer ce qu’on appelle l’égoïsme. Mais au contraire, apprendre à faire confiance aux autres et à prêter, et développer ainsi ce qu’on nomme l’altruisme.

Concernant l’empathie, vous pouvez encourager votre enfant à améliorer son intelligence émotionnelle. C’est le fait de comprendre les émotions des autres et d’agir en conséquence.

Si je ne prête pas les beaux jouets que je viens de recevoir à mes copains autour, ils vont ressentir de la tristesse ou de la colère... et je vais finir par jouer tout seul.

Comprendre que les autres ressentent de la tristesse lorsqu’il est égoïste va améliorer ses capacités à vivre en société, à faire confiance aux autres.

Vous contribuez ainsi au bon développement de l’enfant pour en faire un futur adulte intégré socialement et épanoui.

Dans ce monde très compétitif, il est bon de ne pas à tout prix mettre en valeur, chez l’enfant, l’ego mais plutôt sa capacité à interagir avec le monde et les autres.

Il est important d’apprendre à l’enfant qu’il peut aider aussi les autres. On réussit mieux dans la coopération qu’en faisant cavalier seul.

Un enfant heureux n’est pas un enfant tyran.

Pour finir, Didier Pleux nous fait comprendre que l’enfant n’est pas le seul maître à bord à la maison.

Bien sûr, il peut discuter des loisirs qu’il envie de faire avec vous et l’on peut partager avec lui.

Oui, il peut exprimer ce qu’il a envie de manger et on peut lui faire plaisir.

Didier Pleux n’est pas contre le fait de faire plaisir à son enfant, même s’il exprime qu’il est nécessaire de frustrer de temps en temps son enfant.

L’éducation doit trouver un juste équilibre entre frustration et plaisir.

Mais c’est un peu ce qu’on vit en tant qu’adulte.

On n’a parfois pas envie de se lever le matin pour aller travailler. Mais une fois sur place, on n’est pas si mal, enfin si on aime son métier. Et puis à la fin du mois, il y a quand même la récompense, ce salaire qui nous permet de vivre.

Ne pas capituler face à l’enfant et développer sa maîtrise de soi.

Alors loin de vouloir frustrer l’enfant à tout prix, il n’est tout de même pas le seul à décider, à la maison, du prochain repas, de votre destination de vacances, de ce que vous regardez comme film, ou si vous allez voir tels ou tels amis sous prétexte qu’ils ont des enfants du même âge.

J’ai rencontré des gens qui allaient toujours dans des campings bruyants avec une piscine car il y avait beaucoup d’enfants avec qui jouer. Leurs propres enfants adoraient ça.

Oui, mais eux ils aimaient le calme de la campagne. Le problème c’est que leurs enfants allaient s’ennuyer donc on pouvait bien se sacrifier pour eux.

Non, vous avez aussi le droit de décider pour vous ce que vous voulez même si votre enfant n’est pas d’accord.

Vous allez tout simplement lui enseigner la maîtrise de soi. Il est en plus reconnu scientifiquement que l’ennui active l’imagination et aide à la créativité.

Retrouvez cet article sur le self -control de votre enfant en vidéo !

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