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Vaincre une timidité excessive, c’est possible !

Dans article, vous allez découvrir comment vous pouvez vous débarrasser d’une timidité excessive, appelée aussi phobie sociale ou anxiété sociale.

Vous souffrez d’anxiété pour parler en public, pour aller aborder cette fille ou ce garçon. Lorsque vous êtes en formation et que c’est à vous de prendre la parole, cela vous gêne terriblement.

Vous n’aimez pas marcher dans la rue, car vous sentez sous le regard des autres, posé sur vous. Vous avez horreur que l’on vous regarde et vous avez l’impression que l’on vous juge.

Vous évitez ces situations décrites plus haut, mais vous commencer à vous sentir de plus en plus seul !

Vous souffrez peut-être de phobie sociale ou encore appelée anxiété sociale. Un problème qui touche 2 à 4% de la population.

Mais rassurez-vous il existe des solutions et l’on peut réellement s’en sortir.

Cet article est la transcription d’une interview que j’ai eue avec Quentin ex-phobique sociale. Il vous explique comment il a surmonté sa timidité maladive.

Quentin vous donne des conseils et des astuces très utiles !

Voici l’interview de Quentin, un ex timide :

Emmanuel : Quentin, est-ce que tu peux te décrire ? Qui tu es ? Qu’est-ce que tu fais actuellement ?

ex phobique sociale
Quentin HAGUET

Quentin : Bien sûr, je m’appelle Quentin Haguet. J’ai 23 ans et je suis en licence, en IAE à la fac, c’est l’équivalent d’une école de commerce.

Emmanuel : Tu m’as dit aussi que tu es webmarketer en même temps…

Quentin : Voilà. C’est ça.

Emmanuel : …tu vends des produits en ligne pour aider les étudiants.

Quentin : Voilà. J’ai commencé comme ça, j’ai créé un premier blog qui ne payait pas de mine au début, c’était pour aider les étudiants de ma classe.

J’ai fait un BTS auparavant qui s’appelait un BTS assistant-manager.

Je vendais des fiches de révisions dessus puis petit à petit ce premier blog a pris de l’ampleur.

J’aidais petit à petit tous les étudiants de ce BTS de France.

Emmanuel :  J’imagine que tu as dû aussi te filmer, c’est-à-dire faire des vidéos.

Quentin : Tout à fait.

Emmanuel : Être face caméra c’est assez fort pour un anxieux social ou plutôt ex anxieux social.

Quentin : Oui, c’est sûr. Au début, j’avais énormément de mal. Comme tu peux le voir, au départ, je ne filmais pas ma tête, car j’avais peur.

Une fois libéreré de ma timidité excessive, j’ai redécouvert la vie et là, je n’ai pas hésité à me filmer face caméra.

Même si au début il y a toujours un petit peu d’appréhension, cela disparaît petit à petit et cela devient presque totalement naturel.

Emmanuel :  Est-ce que tu peux nous expliquer l’avant anxiété sociale et l’après ? Comment a commencé la phobie sociale ? Comment t’a-t-elle handicapé ? Est-ce que tu peux nous décrire tout ça ?

Quentin : Je pense que mon anxiété sociale a commencé à partir de mon entrée au collège.

En primaire, j’étais quelqu’un vraiment de très extraverti, même si je n’étais pas le pitre de la classe, j’aimais bien me faire remarquer.

Et au collège, petit à petit j’ai commencé à avoir mes premiers complexes, j’ai eu mes premières déceptions amoureuses, etc.

Je ne me sentais pas très bien dans ma peau. Puis, de fil en aiguille en fait, j’étais très anxieux, vraiment très anxieux. Et je ne parle pas de l’anxiété qu’on ressent avant un contrôle de maths.

Je parle de l’anxiété, vous savez, quand vous vous levez et que vous avez la boule dans la poitrine.

Vous avez l’impression que vous allez faire une crise cardiaque à tout moment de la journée, vous avez les mains sèches, etc.

Vous ne sentez pas bien, vous avez des idées noires et cela s’est accentué d’année en année.

J’ai commencé à sécher les cours, avec du recul, je peux dire que c’était les premiers signes d’évitement de ma phobie sociale.

Au départ, je séchais une heure par semaine.  Ensuite, c’était deux heures par semaine, puis un jour et à la fin de l’année, je me retrouvais avec deux mois d’absence.

Et là, les professeurs ne comprenaient pas puisque je commençais l’année avec des bonnes notes en général. Et d’un coup, mes notes chutaient par contre mes absences augmentaient.

À chaque fin d’année, j’étais à deux doigts de me faire renvoyer de l’école et c’était comme ça tous les ans.

Puis, je me suis dit : « il y a quelque chose qui ne va pas, ce n’est pas normal ».

Je ne voulais pas en parler à mes parents et vous reconnaîtrez si vous êtes phobique social. Vous détestez en parler aux autres, même à vos proches, car vous avez honte.

C’était mon cas. Alors j’ai pris rendez-vous en cachette avec un médecin, également avec une psychologue. Et cela ne m’a avancé à rien. J’ai juste perdu mes petites économies d’étudiant.

Emmanuel : Il y a l’avant : Quentin qui n’ose pas sortir de chez lui, qui va de moins en moins à l’école, à la fac, mais qui réussit quand même.

Et puis l’après : Quentin qui maintenant fait des vidéos sur YouTube, qui vend des produits en ligne, qui doit se montrer au public.

 Mais qu’est-ce qui s’est passé ?

Quentin : Le Quentin de maintenant il n’a rien à voir avec le Quentin d’avant, quand je vous dis rien à voir, c’est vraiment rien à voir.

Maintenant, je n’hésite plus. Je peux retourner faire des magasins, dans un centre commercial un samedi après-midi, ça ne me pose presque plus de problème.

Je peux ressortir avec mes amis le soir dans des bars, etc. Je peux aller tout bêtement dans la rue, faire des courses ou marcher sans avoir peur du regard des autres.

Ma personnalité extravertie, maintenant, je peux pleinement m’en servir.  La preuve, j’arrive à me filmer devant une caméra, à parler sans être gêné, sans avoir des bouffées de chaleur, les mains moites, la gorge nouée, ça vraiment c’est un énorme changement !

Emmanuel : Pour aborder une fille, c’était comment avant ?

Quentin : [rire] Avant, je n’en abordais pas… [rire]

Emmanuel : Tu n’en abordais pas ?

Quentin : …tout simplement. Je n’en abordais pas, non.  J’avais d’énormes blocages, c’était la catastrophe.

En fait, je les ignorais, je faisais comme si elles n’existaient pas, comme ça au moins elles ne risquaient pas de me parler.

Emmanuel : Et maintenant alors ?

Quentin : Maintenant, j’ai une copine…

Emmanuel : Génial !

Quentin : J’ai forcément dû faire le premier pas. Je ne dis pas que c’est facile, mais voilà j’ai réussi à le faire et tout se passe pour le mieux pour l’instant.

Emmanuel :  Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi dans cette phobie sociale ?

Quentin : Le plus difficile c’était de ne pas pouvoir sortir de chez moi. Surtout de voir au fur et à mesure que j’étais en train de perdre mes amis.

Moins on les voit, moins ils nous appellent, moins ils nous proposent de sortir avec eux, etc. Ils savent de toute façon qu’on ne sort jamais.

J’étais de plus en plus seul. Et ça vraiment, c’est quelque chose de très dur.  Comme je déjà l’ai dit, je suis plutôt quelqu’un d’extraverti. J’aime parler, rencontrer de nouvelles personnes, j’aime m’amuser.

Emmanuel : Qu’est-ce qui a maintenant changé réellement pour toi ?

Quentin : La vie en général.

Maintenant, quand je me réveille le matin, je ne suis plus anxieux. Lorsque je me promène dans la rue, je n’ai plus peur du regard des autres.

Quand je veux faire des magasins à tel jour de la journée, je ne suis plus obligé de me dire : « il faut que j’y aille à neuf heures du matin quand il n’y a personne parce que sinon ça va être l’enfer ».

Je peux y aller quand je veux !

Maintenant, je pourrais faire du sport dans une salle de sport sans avoir peur du regard des autres ou que tout le monde m’observe.

Emmanuel : C’était comment avant dans la salle de sport ?

Quentin : J’avais peur du regard des autres, j’avais l’impression que tout le monde me regardait, se moquait de moi, je n’étais pas du tout à l’aise.

C’était la catastrophe, mais ça ce n’était pas propre à la salle de sport, c’était vraiment dans tous les lieux publics

Emmanuel : Pourquoi les gens se seraient moqués de toi ?

Quentin : Ça, ce sont nos fameuses pensées négatives.

Je pensais que l’on disait de moi :

« Oh regarde il est mal habillé. Oh regarde, il marche de manière ridicule, regarde sa coupe de cheveux… »

Bref, tout ce qui touchait au physique…

Emmanuel : J’avais vu une vidéo qui décrivait un phobique social. On le voyait marcher dans la rue.  Il avait l’impression qu’il y avait pleins de cameraman autour de lui, avec des grosses lumières et que tous les regards étaient braqués sur lui.  Alors qu’il était simplement en train de marcher.

 Est-ce que ça décrit bien l’anxiété sociale ?

Quentin : Totalement.

C’est exactement cela, l’impression que tous les regards sont braqués sur nous.

Cela devient presque une obsession. Dès qu’on sort dans la rue, on a l’impression que tout le monde nous regarde, tout le monde nous juge.

Et on a peur de la honte. On a peur de tomber et que tout le monde rigole. On a peur de faire un geste de travers.

On ne marche pas correctement parce qu’on essaie de contrôler un peu nos pas. Cela nous donne une allure bizarre.

Emmanuel : Et de ce fait là, on attire réellement le regard des gens ?

Quentin : Exactement, c’est un véritable cercle vicieux.

Emmanuel : Tout ce qu’on ne veut pas attirer, on l’a puisqu’on a un comportement assez bizarre ?

Quentin : [rire] C’est ça. C’est la catastrophe.

C’est pareil pour les réunions dans lesquelles l’on veut rester discret. On essaie de se faire tout petit, on reste dans son coin on finit par devenir un peu tout rouge… C’est comme ça que l’on attire le regard des autres.

Emmanuel : C’est assez terrible effectivement. ET tu t’en es vraiment sorti grâce à une méthode que moi, je connais bien parce que je suis thérapeute comportemental et cognitif.

Tu as utilisé la TCC, thérapie comportementale et cognitive, mais auparavant tu n’as pas tout de suite été vers cette méthode ?

Quentin : Au départ, j’ai eu un parcours un petit peu atypique.  Quand je me suis rendu compte que quelque chose n’allait pas, je suis allé voir un psychiatre qui, tout de suite, m’a prescrit des médicaments.

J’ai pris des calmants, des antidépresseurs, des bêtabloquants aussi pour les périodes de fortes angoisses.

Premièrement, j’avais un rendez-vous par mois avec ce psychiatre.

Deuxièmement, j’allais voir une psychologue une fois par semaine, pour parler de ma vie, de tout et de rien [rire].

Puis troisièmement, j’allais aussi en hôpital de jour, deux fois par semaine j’avais des activités en hôpital de jour.

Enfin quatrièmement, j’avais une thérapie de groupe tous les mardis soir pendant une heure et demie.

Je voulais frapper fort et me débarrasser de mon anxiété sociale !

Emmanuel : Est-ce que tu conseillerais toi d’aller voir le psychiatre et de prendre des médicaments en premier chef ?

Quentin : Je vais essayer d’être le plus objectif possible.

Les médicaments (antidépresseurs), d’un côté, m’ont un petit peu aidé pour atténuer l’anxiété de fond.

En effet, je faisais de la paralysie du sommeil. Pour ceux qui ne connaissent pas, pendant la phase d’endormissement, on est paralysé, l’esprit est conscient, mais on ne peut plus bouger, on peut avoir des hallucinations.

J’en faisais tous les soirs et à partir du moment où j’ai pris des antidépresseurs, j’ai constaté une amélioration puisque ma paralysie du sommeil a disparu.

Après, ce dont il faut avoir conscience c’est que les médicaments cachent les symptômes et ne guérissent pas en profondeur.

Le jour où vous arrêtez les médicaments, les symptômes reviennent. Mais j’ét

ais parfaitement conscient de cela. Je les voyais comme un outil pour m’aider au début, mais pas comme un traitement fond.

Emmanuel : Les symptômes reviennent, à l’identique, après l’arrêt des traitements ?

Comment ne plus prendre de médicaments contre le stress ?

Quentin : Tout à fait.

Un jour, j’ai arrêté les antidépresseurs. J’ai eu des effets de sevrage parce que c’est quand même addictif. J’avais les mains qui tremblaient, des envies de vomissement, des sueurs, etc.

J’étais tout simplement en manque ! Je ne pense pas que j’en reprendrais !

Je ne dis pas que c’est très dangereux pour la santé. Je n’en sais rien du tout.

De manière objective, ça m’a apporté quelques avantages. Mais après l’effet de sevrage que j’ai eu, je me suis dit : « est-ce que ça valait vraiment le coût d’en prendre ». Je ne pense pas !

Emmanuel : Tu étais, si j’ai bien compris, dans un parcours de soins traditionnel à l’hôpital. Tu allais voir le psychiatre, la psychologue et le CMP où il y avait des groupes, c’est ça ?

Quentin : Tout à fait. Au départ, j’étais très content,  j’étais enfin pris en charge.

Je me suis dit : « ça y est, je ne suis plus tout seul, je vais pouvoir m’en sortir, etc. »

Au fil des semaines, je me suis rendu compte que je n’étais peut-être pas autant sorti d’affaire que cela. Au bout de plusieurs mois, je me suis rendu compte que je n’avançais pas. Je ne faisais pas de progrès.

Et mon moral était à zéro. J’avais le moral dans les chaussettes. C’est là que j’ai commencé à faire une La dépression, comment s’en sortir rapidement ? [rire] comme si ça ne suffisait pas !

En plus de ça, je dépensais des centaines et même plusieurs milliers d’euros, car tout n’était pas remboursé.

Emmanuel : Tout n’était pas pris en charge ?

Quentin : Non !

L’hôpital de jour était pris en charge, mais pas la psychologue. À 60 euros de l’heure, une fois par semaine, ça commence à faire pas mal au bout d’un moment !

Emmanuel :  Donc, tu te diriges vers la médecine traditionnelle, la psychiatrie, et là c’est un flop total. Tu en ressors encore plus dépressif d’après ce que j’ai compris. Comment a été ton expérience avec la psychologue ?

Quentin : Avec la psychologue j’aurais peut-être tendance à dire que c’était le moins utile. Pourtant c’était une dame très gentille, que j’adorais vraiment, on parlait très bien, etc.

Mais finalement, ça ne servait à rien.

En fait, on parlait de mon enfance, on parlait des choses que je n’aimais pas, etc.

Mais ça ne m’a avancé à rien du tout.

Je ne dénigre pas du tout le travail des psychologues. Je sais très bien que c’est très utile dans certains cas, dans certaines situations, mais pour moi en tant que Quentin phobique social, ça ne m’a rien apporté du tout.

Emmanuel : Oui, j’ai travaillé en psychiatrie pendant 11 ans en tant qu’infirmier dans 3 hôpitaux différents.Je parle, donc, en connaissance de cause.

La méthode de soin utilisée est la psychanalyse. On va faire parler le patient de son passé, en essayant de trouver la cause de son problème et, comme par magie, en trouvant la cause, la phobie sociale va disparaître.

C’est basé sur ce principe-là.

Qu’est-ce que tu penses de cela ?

Quentin :

Je n’en pense pas grand-chose si ce n’est qu’en tout cas, ça n’a pas marché pour moi.

En fait, j’ai eu deux échos, celui de la psychologue qui essaie de me parler de mon enfance pour trouver les raisons, etc.

Puis, j’ai vu un psychiatre que j’aimais bien aussi, qui m’a dit exactement l’inverse.

Il m’a dit : « les causes de ta phobie sociale Quentin, on s’en fout, nous ce qu’on veut c’est que tu guérisses ». Il m’a dit ça mot pour mot. Après, je ne pense pas que trouver les causes de ma phobie sociale m’ait guéri, non.

Emmanuel : Qu’est-ce qui t’a « guéri »

Quentin : C’est plusieurs choses et non pas une chose en particulier. C’est le temps, ma motivation, une méthodologie, des outils thérapeutiques. Voilà, il y a une multitude de choses qui font  qu’aujourd’hui j’en suis libéré.

Emmanuel : Et il y a cette rencontre décisive avec un psychiatre qui a pratiqué la thérapie comportementale et cognitive, c’est ça ?

Quentin : Tout à fait.

Emmanuel : Un psychiatre en dehors du système de soins ou dans le système de soins ?

Quentin : Non, en dehors

Je l’ai rencontré tout à fait par hasard, lors d’un événement familial puisque c’était un ami de mon père.

Il m’a parlé de ce type de thérapie. J’ai commencé à me renseigner. J’ai acheté pas mal de livres là-dessus.

Je me suis dit : « allez, il faut que je me lance ».

Ce que j’ai fait !

Un jour j’ai pété les plombs, j’ai appelé la psychologue, le psychiatre, l’hôpital de jour, les groupes et j’ai dit : « j’arrête tout, aujourd’hui j’arrête tout, j’en avais marre, j’en avais vraiment marre, je plaque tout et je vais essayer de m’en sortir par moi-même ».

C’est comme ça que ça a commencé. Au départ, j’essayais de gérer mon anxiété avec plusieurs techniques que ce soit méditation, la respiration, etc. Parce que c’est vrai, j’avais quand même appris cela, durant mon ancienne thérapie.

Emmanuel : Qu’est-ce que tu as fait pour améliorer ta phobie sociale ? Concrètement, qu’est-ce que tu peux nous donner comme conseils ?

Quentin : Ce que je conseille déjà c’est qu’avant même d’essayer de vaincre votre phobie sociale, apprenez à gérer votre anxiété et à gérer votre respiration.

Quand on est anxieux, on ne s’en rend même pas compte, on a la respiration qui s’accélère, le rythme cardiaque qui s’emballe.

Emmanuel : Le fait de respirer beaucoup plus calmement et de prendre un petit peu moins d’air ça calme instantanément. Est-ce que tu es d’accord ?

Quentin : Oui, je suis d’accord. Effectivement, il existe plusieurs techniques de respiration pour calmer l’emballement du cœur. Ce que j’utilisais qui marchait pas mal, cela s’appelle la cohérence cardiaque

Emmanuel : Est-ce que tu veux que je décrive la cohérence cardiaque ?

Quentin : Écoute, si tu veux, il n’y a pas de souci.

Emmanuel :

Lorsque l’on respire trop vite, c’est la tempête dans le cerveau, les idées vont trop vite. On est en stress. On active le nerf sympathique.

C’est nerf qui n’est pas du tout sympathique parce qu’il active en fait le cœur et il active le stress.

 Grâce à la cohérence cardiaque, on active le nerf parasympathique. Ce dernier va tout simplement calmer le cœur et calmer le cerveau.

Pour pratiquer la cohérence cardiaque, vous pourrez trouver des vidéos sur le sujet sur ma chaîne YouTube.

Et c’est très simple !

 Il suffit de compter 5 secondes lorsqu’on inspire et 5 secondes lorsqu’on expire.

Un, deux, trois, quatre, cinq, on expire.

Un, deux, trois, quatre, cinq, on inspire.

 Un, deux, trois, quatre, cinq, on expire.

Un, deux….

On peut faire cela pendant 5 minutes, cela calme l’anxiété très rapidement.

5 petites minutes font baisser notre taux de cortisol (hormone du stress) dans le sang pendant 4 heures.

L’idéal serait de le faire matin midi et soir, comme un traitement, mais naturel sans effets indésirables.

C’est très facile !

Tu es d’accord ?

Quentin : Entièrement d’accord. C’est exactement comme ça que je faisais. [rire] Je n’aurais pas mieux expliqué.

Emmanuel : [rire] Merci beaucoup. Quelle autre méthode tu as utilisée, toi ?

Quentin :

Après avoir réussi à gérer mon anxiété, je suis entré dans le vif du sujet : vaincre la phobie sociale. Je me suis basé, comme je te l’ai dit tout à l’heure, sur la TCC.

À l’heure actuelle, c’est la thérapie qui a les meilleurs résultats pour améliorer l’anxiété sociale.

Emmanuel : Tu parlais de la remise en question des pensées négatives avant l’interview, est-ce que tu peux nous décrire ce qu’il faut faire ?

Quentin :

J’ai essayé de recenser toutes mes pensées automatiques.

Vous savez ce sont ces petites pensées que vous avez dans la rue quand quelqu’un vous regarde, etc. Vous vous dites : « il pense que je suis nul ou il pense que je suis moche… »

Ce sont toutes ces pensées qui font que vous vous dénigrez ou qui entraînent des comportements négatifs.

Ces pensées automatiques là, il faut les noter, les analyser et ensuite, les combattre.

Pour les combattre, c’est un peu plus complexe. J’ai utilisé un outil qui s’appelle les 5 colonnes de Beck.

C’est un outil qui est un petit peu compliqué, mais avec un peu de maîtrise, il a des résultats formidables. C’est sur ça que je me suis basé pour contrer ces pensées négatives et toutes les croyances qui étaient ancrées dans mon cerveau.

Emmanuel : Lorsque l’on pense : « Je suis en train marche dans la rue et c’est sûr les gens me regardent, car je suis moche, parce que je suis mal habillé, parce que je marche bizarrement… ».

Qu’est-ce que tu fais de ces pensées ?

Quentin : Donc, vous les notez.  Il y a une colonne du tableau fait pour recenser toutes vos pensées négatives.

Ensuite, une fois chez vous, vous allez faire le travail préparatoire pour vos autres sorties.

Vous allez essayer de combattre chaque pensée négative, une par une, en trouvant ce que j’appelle des pensées alternatives, qui sont des pensées plus positives, plus proches de la réalité.

Là, vous allez devoir vous poser une série de questions qui vont vous faire comprendre que vous pensez n’est pas du tout la réalité.

C’est totalement irrationnel !

À partir de là, vous allez essayer de mettre en place dans votre tête une pensée, plus rationnelle, plus réaliste.

Emmanuel : Dans l’exemple que je citais, qu’est-ce que tu pourrais mettre comme pensée alternative ou plus réaliste ?

Quentin :

Imaginez-vous marcher dans la rue, vous avez la petite pensée négative qui vous dit : « oh lui, il me regarde, c’est sûr qu’il pense que je suis mal habillé ».

Lorsque vous rentrez chez vous, vous notez cette pensée.

Ensuite, vous allez tenter de mettre une pensée plus réaliste.

« Peut-être qu’il me regardait juste parce qu’il me trouvait beau, peut-être qu’il me regardait juste parce que j’avais un manteau qui lui plaisait, peut-être qu’il me regardait juste parce qu’il avait l’impression de me connaître. »

Il y a une multitude de pensées alternatives à trouver. Le plus souvent, vous allez vous rendre compte que les pensées plus positives ont plus de chances de se produire que vos pensées négatives

Emmanuel :

 La thérapie fonctionne certes, mais demande un peu d’ efforts, ce n’est pas une baguette magique. Quelle était ta plus grande difficulté avec cette thérapie ?

Quentin :

Oui, on veut tous sortir de la phobie sociale en quelques semaines. Ce serait l’idéal.

Malheureusement, on ne peut pas guérir d’une maladie que l’on a depuis des années en quelques semaines, c’est impossible !

C’est justement pour cela qu’il faut être patient.

Ça ne sert à rien de faire tous les efforts du monde et de travailler quatre heures par jour dessus. Vous n’allez pas avancer plus vite.

Ce qui va permettre de guérir de la phobie sociale, c’est le temps.

Le temps nécessaire à l’amélioration, vous ne pouvez pas le gérer, vous ne pouvez pas le contrôler. C’est votre corps et votre cerveau qui décident.

Emmanuel : Comment garder la motivation jusqu’au bout ?

Quentin : En vous disant que votre objectif c’est de vaincre votre phobie sociale, que vous allez revivre et pouvoir vivre normalement. Il n’y a pas plus grand objectif et source de motivation.

Emmanuel : En fait, tu visualisais un Quentin qui n’était plus phobique social, c’est ça ?

Quentin : Exactement, c’est ça.

La visualisation, c’est vraiment quelque chose de super puissant.

Au départ, je ne savais ce que c’était et que j’ai testé. J’ai eu des résultats fantastiques.

Emmanuel : Donc tu fermes les yeux, tu imagines Quentin qui marche dans la rue qui est plutôt à l’aise, qui peut parler en public ?

Quentin : C’est ça tout à fait.

Exactement, on peut faire cela sans forcément fermer les yeux. On peut noter des objectifs sur le long terme, s’imaginer comment on sera dans un an, deux ans, trois ans.

Emmanuel : Tu as surmonté ton anxiété sociale et tu avais envie de partager cela. Tu as créé une méthode. Comment t’est venue l’idée de la créer ?

Quentin :

Au départ, j’avais créé un blog qui s’appelle blog renaissance dans lequel je racontais ma vie de phobique social.

Je donnais quelques conseils pendant que j’essayais de m’en sortir.

Petit à petit, je recevais plein de mails de personnes qui me disaient : « merci, Quentin pour ces conseils », on discutait, etc.

Je me suis rendu compte qu’il y avait un énorme besoin. Les gens étaient un peu laissés à eux-mêmes.

Souvent, ils étaient seuls chez eux et ils n’osaient

Et cela vous surprendre, mais il y a 50% des phobiques sociaux qui mettent plus de 10 ans avant de demander de l’aide.

Voilà, je me suis dit, il y a des milliers de personnes qui sont toutes seules chez elles et qui souffrent. Il faut absolument que je partage mon expérience !

Emmanuel : Pourquoi ta méthode, je sais que tu n’aimes pas que je dise cela, est meilleure que les autres ?

Quentin : Comme je te disais, je n’ai peut-être pas la prétention de dire qu’elle est meilleure que les autres.

Mais je pense que là où elle se différencie énormément c’est qu’elle a été faite par un ancien phobique social. J’y ai mis tout mon vécu.

Je me suis servi de mon ancienne thérapie « ratée ». Je dis qu’elle a été ratée puisqu’elle n’a pas eu le résultat attendu. Mais j’ai quand même appris énormément de choses.

J’ai lu des dizaines de livres.

Je me suis servi notamment de mon expérience et c’est ça qui fait sa force.

Vous avez beau aller voir un psychiatre ou psychologue, mais eux ils n’ont jamais été phobiques sociaux. Ils n’ont pas les petites ficelles et les astuces pour pouvoir vous aider à vous en sortir.

Emmanuel : Que contient cette méthode ?

Quentin : Elle est d’abord basée sur la TCC (thérapie comportementale et cognitive).

Elle comporte plus de trois heures vidéo dans lesquelles je me filme. Je fais face à la caméra. N’est-ce pas la preuve que maintenant, je suis vraiment guéri de la phobie sociale ?

Elle contient des PDF avec des tableaux de suivi, des tableaux d’analyse de résultat, des tableaux d’objectifs.

Elle comporte même des fiches à afficher sur la porte de vos toilettes. Il y a aussi des audio qui ont été faits par des sophrologues. Elle est vraiment complète.

Emmanuel : Sur la porte des toilettes, ça doit être [rire] sympa. Au moins, on le voit tous les jours [rire]

Quentin : Exactement. [rire] Oui, c’est le but.

Emmanuel : Est-ce que tu pourrais partager avec nous une astuce qui t’a vraiment aidé pour améliorer la phobie sociale ?

Quentin : Si je devais donner une astuce sur le long terme, ça serait « faites preuve de patience ».

Si déjà, vous avez l’idée d’essayer de vous sortir de la phobie sociale, mettez-vous en tête qu’il faudra être patient, faites les choses progressivement.

C’est pour ça qu’on parle d’ailleurs de thérapie progressive dans la phobie sociale. Il n’y a pas de thérapie accélérée il n’y a pas de baguette magique pour guérir de la phobie sociale malheureusement.

Emmanuel : Le maître mot c’est la patience. Je rajouterais qu’il faut s’engager aussi dans un processus. Cela rejoint ce que tu dis. Il est bon de « ne jamais lâcher même si on a des échecs ».  Je suis pour la méthode des petits pas, ça finit toujours par payer, tu es d’accord avec moi ?

Quentin : Exactement, c’est très important ce que tu dis.

Des échecs, c’est sûr que vous allez en avoir durant votre thérapie.

Vous allez, parfois, partir en courant, sous l’effet d’une crise de panique.

Il ne faut pas se focaliser sur les échecs, mais sur les réussites.

En fait, les échecs ne sont pas vraiment des échecs. Ce sont des réussites.

Chaque fois que vous sortez dans la rue, même si vous n’y arrivez pas, c’est un pas de plus vers votre guérison, c’est ça qu’il faut vous dire. Donc, il n’y a pas d’échec, il n’y a que des petits pas vers l’amélioration !

Emmanuel : Lorsque l’on sort dans la rue, par exemple, on peut avoir très peur.

 C’est l’amygdale siège des émotions, dans le cerveau qui envoie un message d’alarme. Elle nous dit « fais attention la situation est dangereuse ».  

Mais si on sort et que tout va bien, qu’il ne s’est rien passé, on commence déjà à débrancher l’alarme.

Même lorsqu’ on a eu très peur, c’est une petite réussite. Car on habitue le cerveau à sortir dans la rue. Il va finir par comprendre que cela n’est pas dangereux.

 Pour finir cette interview, est-ce que tu pourrais nous citer vraiment trois livres qui t’ont aidé à aller mieux ?

Quentin : Bien sûr !

Le premier il s’appelle Les crises d’angoisse et de panique, c’est fini ! de Christophe Tissier.

C’est un très bon livre que j’ai beaucoup aimé. Des livres sur les crises d’angoisse, il y en a des dizaines, alors pourquoi j’ai aimé celui-là et non pas un autre ? Parce qu’il donne de très bons conseils pratiques.

J’ai acheté énormément de livres qui décrivent très bien ce qu’on le ressent, les symptômes, etc. Mais, en conseils pratiques il n’y a pas grand-chose.

Mais dans ce livre-là il y a des conseils pratiques si vous voulez vaincre vos crises d’angoisse. Il aide à passer la première étape, dont je parlais plus haut. Il est nécessaire de vaincre son anxiété avant de vouloir sortir dans la rue et s’exposer à sa peur.

Emmanuel : Le deuxième livre ?

Quentin : C’est un livre qui est un peu complexe : Comprendre l’anxiété sociale avec les nouvelles méthodes en TCC, de Vincent Tribout.

Ce n’est pas la référence en la matière, par contre, c’est un livre qui est beaucoup plus technique, plus destiné justement aux thérapeutes, aux psychiatres, aux psychologues.

C’est un petit peu technique, il y a des mots que parfois je ne comprenais pas, mais ça va aider à comprendre le fonctionnement de la maladie. Il m’a été utile pour comprendre comment l’anxiété sociale fonctionne.

Emmanuel : Et le troisième livre pour finir ?

Quentin : Le troisième livre et je ne pouvais pas m’empêcher [rire] de prendre celui-là, c’est le mien. Le guide de survie de la phobie sociale que j’ai publié aux éditions Vie. Il est récent.

C’est l’histoire d’Arthur, un jeune phobique social parisien. On le suit au travers de ses aventures, au travail, chez lui.

Il rencontre une fille qui va l’aider à s’en sortir. Mais je ne vous en dévoile pas plus…

Ce livre donne plein de petites astuces pour aider à vaincre la phobie sociale dans votre vie de tous les jours.

Emmanuel Si tu avais, donc Quentin, une citation qui t’inspires, ce serait laquelle ?

Quentin :

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».  Sénèque

Je trouve que ça reflète exactement la phobie sociale. Lorsque vous trouvez que quelque chose est difficile, que vous angoissez trop, vous n’y allez pas. Plus vous n’irez pas et plus vous trouvez que la chose est difficile.

Autrement dit moins vous sortez dans la rue plus, c’est difficile. Plus vous osez y allez plus cela va devenir facile.

C’est le fonctionnement de base de l’anxiété sociale.

Emmanuel : Merci. Je rappelle que vous pouvez accéder au blog de Quentin qui s’appelle « Renaissance » dans lequel vous trouverez d’autres conseils. Qu’est-ce qu’on peut trouver sur ton blog ?

Quentin : il y a toute une série d’articles sur la phobie sociale dans lesquels je raconte mon expérience.

Je donne des astuces, comment travailler correctement dans une entreprise avec la phobie sociale, quel médicament prendre.

Enfin je parle de tout ce j’ai vécu au fil des années en étant phobique social. Je donne des conseils et je prends vraiment du temps à écrire ces articles. Normalement, ils sont de qualité, donc n’hésitez pas à aller y jeter un coup d’œil.

Emmanuel : Merci Quentin. Je suis sûr que cet article va aider beaucoup de phobiques sociaux qui se sont reconnus dans ce que tu as dit.  J’espère qu’ils peuvent déjà mettre en application quelques petites astuces et qu’ils au moins une ligne de directrice pour améliorer leur phobie sociale.

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