Clémence a peur de devenir folle 

Clémence a 36 ans. Elle se sent mal depuis 6 mois, au travail, au supermarché et même parfois à la maison.

Il lui arrive de se mettre à trembler sans raison. Son cœur s’emballe, elle a du mal à tenir sur ses jambes et à respirer. 

Elle se pose souvent la question :

« Suis-je en train de devenir folle ? Est-ce que l’on va devoir m’hospitaliser ? Je ne comprends absolument pas ce que j’ai. « 

Cette pensée qu’elle pourrait être folle l’obsède.

Elle en a parlé à son entourage qui lui a dit qu’elle était normale. Cela la rassure sur le moment…

Mais elle n’a pas pu s’empêcher d’aller voir son médecin qui, après lui avoir fait tous les examens nécessaires, n’a rien trouvé d’anormal. 

Crise d'angoisse tout va bien

Il lui a quand même prescrit, vu qu’elle était mal, un arrêt de travail d’une semaine, mais n’a pas voulu lui donner un traitement. Il lui dit de se reposer et que tout irait mieux après. 

Malheureusement cela ne s’est pas passé comme cela. 

Cette pensée de devenir folle ou de l’être, l’obsède, à tel point qu’elle a du mal à dormir.

A chaque fois qu’elle m’en parle elle se met à pleurer.

Elle est persuadée qu’un jour ou l’autre on va “l’interner” comme elle dit. 

Clémence fait ce qu’on appelle des crises d’angoisse, ou attaque de panique. Vous trouverez aussi le terme de trouble panique

Qui n’a pas eu un jour peur de devenir fou ?

J’avoue que parfois, ça m’est arrivé.

Lors d’un gros coup de fatigue, j’ai  cru avoir eu une hallucination ou entendre un bruit suspect ou quelqu’un qui me parle. 

Je vous rassure, je me suis vite aperçu que l’hallucination était juste une ombre, que le bruit ou la voix étaient imaginaires.

C’était une production temporaire de mon cerveau due à cette grande fatigue. 

Il est possible aussi de vivre une situation stressante, un deuil brutal, un chagrin d’amour qui  amplifiés par l’alcool ou la prise de substance, peuvent vous donner l’impression de devenir fou ou d’agir de manière irrationnelle.

Mais c’est juste une impression : n’est pas fou qui veut ! 

J’ai travaillé 11 ans en psychiatrie et j’en ai vu des “fous”. 

D’ailleurs ce terme n’est plus utilisé, on parle plutôt de malades mentaux. La folie serait un trouble ou une maladie du cerveau.

J’entends souvent la phrase “ je me suis fait interner”, ce qui me choque un peu, on parle plutôt d’hospitalisation. 

D’ailleurs les médias font leurs choux gras des événements tournant autour de la folie. 

On voit Mr X, hospitalisé en psychiatrie a « pété les plombs » et a commis un meurtre. 

Les malades mentaux sont diabolisés par les médias. On peut donc avoir l’impression qu’ils sont tous dangereux. 

peur de devenir fou et angoisse

C’est une image d’Epinal !

Je ne nie pas que je me suis trouvé dans des situations difficiles et dangereuses. Mais la plupart du temps, les patients étaient inoffensifs et n’auraient pas fait de mal à une mouche. 

Le plus grand danger était qu’il se fasse du mal à eux-mêmes. 

Cette image est véhiculée par les films aussi.

On y voit des personnes semblant totalement déconnectées de la réalité, vivant dans un autre monde, ayant une attitude soit prostrée, soit au contraire complètement désinhibée. 

Ces personnes ne semblent plus avoir conscience de leur parole ou de leurs faits et gestes. 

A cause de cette surmédiatisation de la folie, vous pouvez avoir peur soit d’être fou, soit de le devenir. 

Mais peut-on “être fou” du jour au  lendemain ?

La folie, ça s’attrape comme une grippe ?

Je sais que tout ce que vous avez pu voir sur internet, ne vous rassure pas.

Parfois cela peut même peut amplifier la peur de rentrer dans la folie. 

Mais la folie ou la maladie mentale, comme je préfère l’appeler est le fruit d’un long processus. 

Souvent cela commence très jeune. 

La schizophrénie, par exemple, se déclenche à 18 ans, voire même un peu avant.

Alors, si comme Clémence tout s’est bien passé pendant votre enfance, vous avez très peu de chance d’être malade mentale.

Vous avez plutôt des crises d’angoisse. 

Il est vrai que les crises d’angoisse peuvent donner la sensation de devenir fou mais aussi la sensation que vous pouvez mourir d’une crise cardiaque

Vous n’êtes pas schizophrène, vous souffrez de déréalisation

On peut ressentir de la déréalisation ou dépersonnalisation et j’ai fait une vidéo sur le sujet

Alors ça fait peur cette sensation d’être étrange, que tout l’est autour de nous. 

Comme me le disait Clémence “ j’ai peur de devenir schizophrène.” 

Mais voyons la différence entre la schizophrénie et la déréalisation ou dépersonnalisation. 

1 Une maladie irréversible avec traitement/ un trouble réversible sans traitement. 

La schizophrénie est un trouble psychiatrique sévère qui pour la plupart des personnes est irréversible.  

Un traitement est recommandé par le psychiatre pour pouvoir vivre normalement.

La déréalisation/dépersonnalisation est un symptôme des attaques de panique ou crises d’angoisse. 

Les traitements s’avèrent souvent inefficaces et surtout c’est réversible. Autrement dit on peut en sortir et ne plus en souffrir ! 

Ainsi si vous souffrez de déréalisation, rassurez-vous vous n’êtes pas fou ! 

2 Présence d’un délire avec des hallucinations/Pas de perte de réalité. 

Souvent dans la schizophrénie, la personne peut se mettre à “délirer”, elle peut entendre des voix. 

Elle peut aussi avoir des hallucinations visuelles :

Ces personnes ont un raisonnement cohérent mais à partir d’une réalité complètement différente de la nôtre. 

Dans la dépersonnalisation ou déréalisation, vous conservez cet ancrage dans la réalité. Ceci même si votre vision est floue, si un objet vous semble plus proche, si le temps se ralentit, si tout est comme dans un film. 

Vous êtes toujours dans la réalité, même si celle-ci vous semble différente. 

Alors toujours convaincu(e) de devenir fou ? 

Vous pensez peut-être aussi que  vous êtes bipolaire ? 

C’est aussi un terme à la mode mais très méconnu. 

C’est donc une alternance de phases pendant lesquelles vous êtes dépressif(ve) ou en hyperactivité vous sentant comme le roi du monde !

Une personne normale peut se sentir, parfois, dépressive et euphorique après, mais elle n’est pas forcément bipolaire.

Dans le trouble bipolaire, la phase dépressive est extrême, la personne peut même se retrouver au fond de son lit et ne plus vouloir en sortir. 

Ensuite elle peut se retrouver dans une phase d’excitation extrême, ne dormant plus, faisant la fête, dépensant tout son argent. Certaines personnes ont même des relations sexuelles multiples et non protégées. 

Bien sûr la vision que je vous présente du trouble bipolaire est très grossière mais c’est pour donner un aperçu et vous montrer que cela n’a rien avoir avec un trouble panique.  

Il y a autre chose d’important dans la peur de devenir fou : c’est l’illusion de contrôle. 

Puis-je toujours contrôler mes crises d’angoisse ?  

Vous aimeriez pouvoir tout contrôler dans vos vies, surtout à l’heure actuelle.

Vous aimeriez être sûr de ne jamais tomber malade. 

Etre certain que vous n’allez jamais avoir, par exemple, la Covid. 

Alor vous prenez des mesures d’hyperprotection pour cela. 

Vous aimeriez avoir la certitude que votre vie ira toujours comme sur des roulettes. 

Malheureusement, vous le savez il y a des hauts et bas, des imprévus, parfois même des accidents. 

Lorsque vous souffrez de crise d’angoisse, cela peut survenir comme pour Clémence, n’importe où et à n’importe quel moment. 

Parfois vous pouvez savoir où vous allez déclencher une attaque de panique et vous évitez l’endroit (le supermarché, la foule..). 

Mais la crise d’angoisse peut vous arriver chez vous alors que vous êtes tranquillement assis sur le canapé, en train de regarder votre série favorite sur Netflix et que vous vous sentez parfaitement bien.

C’est arrivé à l’un de mes clients !

C’est là que les choses se compliquent. Dans une société où l’on essaie de tout maîtriser, avoir une crise incontrôlable est insupportable. 

D’où l’idée que vous n’êtes pas normal, que vous êtes en train de devenir fou. 

Alors vous voulez rapidement retrouver une vie normale, ce qui se comprend car c’est très dur à vivre une crise de panique. 

Vous vous mettez la pression, votre employeur peut vous la mettre, votre entourage et la société elle-même. 

Alors l’idée de devenir fou, folle devient obsessionnelle. Ca s’ancre dans le cerveau. Plus vous essayez de la faire partir et plus elle s’incruste.

Que faire pour ne plus avoir peur de devenir fou ? 

Ne  regardez plus sur internet les symptômes des maladies mentales ou sur les forums et les sites médicaux, maintenant que vous avez regardé lu cet article.

De plus si vous ne trouvez pas de réponses à votre problème, votre cerveau va tourner en boucle pour trouver une solution. Cela vous fatigue et peut accentuer l’impression de devenir fou. 

Vous vous faites du mal inutilement !

Cessez de chercher pourquoi vous êtes comme cela, si cela vient de votre enfance, si c’est héréditaire, quel en est l’évènement déclencheur.

Vous ne le saurez jamais vraiment ! Vous allez, là aussi, passer un temps précieux à ruminer pour rien.

Vous vous torturez inutilement !

Le mieux serait de passer à l’action.  

Ce sont des petites actions chaque jour qui vont vous aider à aller mieux. 

Vous pouvez reprogrammer votre cerveau avec un mantra ou en remettant vos idées négatives en question

Reprogrammer son cerveau

Dites-vous “je ne suis pas fou c’est juste de l’angoisse, c’est juste de l’angoisse… » 

A force de vous répéter cela vous allez pouvoir convaincre votre cerveau qu’il est inutile de garder cette croyance.  

C’est cela la reprogrammation.

Aussi étrange et inquiétant que cela peut paraître un cerveau comme un ordinateur peut se reprogrammer. 

Vous pouvez aussi remettre en questions cette idée d’être fou en émettant des pensées alternatives. 

Vous pouvez vous dire ;

“ Je pense que je suis fou, j’ai lu dans l’article que ce n’est pas de la schizophrénie, que ce ne sont pas les mêmes signes cliniques. »

En parallèle du travail sur vos pensées négatives, vous pouvez vous exposer à ce qui vous fait peur. 

Plus vous évitez ce dont vous avez peur, plus vous développez la peur d’être fou et plus vous ruminez. 

Si vous n’allez plus dans les supermarchés, dans les magasins, chez vos amis, par peur de refaire une crise, de paraître bizarre, alors retournez-y petit à petit. 

Acceptez, aussi, de perdre, parfois, le contrôle. Plus vous acceptez vos crises d’angoisse et leurs symptômes plus ils vont finir par s’atténuer et vous laisser tranquille.

Ce n’est pas facile, cela demande de l’entraînement et peut-être un suivi thérapeutique.

Apprenez à vous relaxer pour éloigner cette idée d’être fou.

Il existe des tas de techniques de relaxation, du yoga, de la méditation, surtout si vous souffrez de déréalisation. 

Plus vous êtes relaxé plus vous éloignez les pensées négatives. 

Et le sport ça peut m’aider ?

Le sport est utile, vous trouverez de nombreuses études sur internet sur les bienfaits du sport et la dépression.  

Pourquoi je vous parle de dépression ?

Peut-être en souffrez-vous en raison de vos crises de panique ? 

La dépression est avant tout la maladie des pensées négatives. Vous pouvez penser que le monde est pourri, que vous êtes nul(e) sans avenir. 

Le sport met à distance toutes ces pensées négatives et peut aider à guérir de la dépression. 

Alors si le sport est bon contre les pensées dépressives. Il peut l’être aussi pour mettre à distance cette pensée qui vous terrorise : “Et si j’étais fou.” 

Vous ne souffrez pas de maladie mentale ! Vous n’êtes ni schizophrène, ni bipolaire, ni quoi que ce soit d’autre. 

Vous souffrez simplement de crises d’angoisse, et avec de bons conseils, de bons exercices et un bon suivi, vous pouvez vous en sortir. 

Retrouvez l’article sur la peur de devenir fou sous forme de vidéo :

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